Un flash à 12 km/h au-dessus de la limite, un téléphone attrapé au feu rouge, un stop marqué un peu vite : chaque infraction a son tarif, et surtout son coût en points. Le permis à points compte 12 points pour un conducteur confirmé, et seulement 6 pour un jeune conducteur en période probatoire. Quelques écarts suffisent donc à le perdre. Voici le barème des amendes et du retrait de points pour les infractions les plus courantes, avec les cas où le permis peut être suspendu sur-le-champ et la voiture partir en fourrière.
L’alcool et les stupéfiants obéissent à des règles encore plus sévères, détaillées dans notre article sur l’alcool et la drogue au volant. Et si vous êtes jeune conducteur, relisez notre guide du permis de conduire pour bien comprendre le fonctionnement de la période probatoire.
Retrait de points et amendes : les 5 idées à retenir
- La plupart des infractions courantes coûtent 135 € d’amende forfaitaire, mais le retrait de points varie de 1 à 6 points.
- Depuis le 11 juillet 2025, un excès de vitesse de 50 km/h ou plus est un délit dès la première fois, puni de 3 mois de prison et 3 750 € d’amende.
- Depuis fin septembre 2026, le préfet peut suspendre le permis pour un simple usage du téléphone tenu en main.
- Griller un feu rouge ou un stop coûte 4 points, et un refus de priorité à un piéton en coûte 6.
- Les points se récupèrent avec le temps, ou plus vite grâce à un stage de sensibilisation.
Comment fonctionnent l’amende et le retrait de points
Pour la plupart des infractions routières, la sanction prend la forme d’une amende forfaitaire. Pour une contravention de 4e classe, la plus fréquente, le montant est de 135 €. Il descend à 90 € en amende minorée si vous payez rapidement, et grimpe à 375 € en amende majorée si vous tardez trop. Les excès de vitesse les plus légers hors agglomération relèvent de la 3e classe : 68 €, ramenés à 45 € en paiement rapide.
Le retrait de points s’ajoute à l’amende. Il intervient une fois l’infraction devenue définitive, en général au paiement. Votre capital de points est consultable en ligne sur le service officiel Télépoints. À zéro point, le permis est invalidé : vous recevez une lettre recommandée vous enjoignant de le restituer, et vous devez attendre au moins six mois avant de pouvoir repasser l’examen.
Certaines infractions plus graves ne s’arrêtent pas à l’amende. Elles peuvent entraîner une rétention immédiate du permis par les forces de l’ordre, pour 72 heures au plus, suivie d’une suspension administrative décidée par le préfet. Le juge peut aussi prononcer une suspension judiciaire, souvent plus longue.
Excès de vitesse : le barème complet
La vitesse reste la première cause de retrait de points. Voici le barème établi par Legipermis :
- Moins de 20 km/h, hors agglomération (limite supérieure à 50 km/h) : 68 € et 1 point.
- Moins de 20 km/h, en agglomération ou sur une route limitée à 50 km/h : 135 € et 1 point.
- De 20 à 29 km/h : 135 € et 2 points.
- De 30 à 39 km/h : 135 € et 3 points, avec une suspension judiciaire possible.
- De 40 à 49 km/h : 135 € et 4 points, avec rétention immédiate et suspension administrative possibles.
- 50 km/h et plus : délit, 6 points, jusqu’à 3 750 € d’amende et 3 mois d’emprisonnement.
Bonne nouvelle pour les petits écarts : depuis 2024, un dépassement de moins de 5 km/h n’entraîne plus de retrait de point, même si l’amende reste due. Le délit de grand excès de vitesse, lui, a changé de nature avec la loi du 9 juillet 2025 qui a créé l’homicide routier : selon la Banque des Territoires, ce dépassement d’au moins 50 km/h est désormais un délit dès la première infraction, et non plus seulement en récidive. Il apparaît donc au casier judiciaire.
En récidive dans les cinq ans, les peines montent à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende, avec confiscation du véhicule, obligatoire s’il vous appartient. Lors d’une interception, les forces de l’ordre peuvent retenir le permis 72 heures et placer la voiture en fourrière pour sept jours.
Téléphone au volant : un retrait de points et un risque de suspension
Tenir son téléphone en main au volant coûte 135 € et 3 points. Depuis longtemps, la sanction s’alourdit quand l’usage du téléphone s’accompagne d’une autre infraction, comme un excès de vitesse, un dépassement dangereux ou un refus de priorité : le permis peut alors être retenu sur place, puis suspendu jusqu’à six mois.
Le durcissement le plus récent date de l’automne 2026. Selon Legipermis, une instruction adressée aux préfets le 29 septembre 2026 leur permet de suspendre le permis pour le seul usage du téléphone, même sans autre infraction, jusqu’à six mois. La durée est fixée au cas par cas. La suspension vaut pour toutes les catégories de permis : impossible de se rabattre sur la moto.
Pour récupérer son permis après une suspension, il faut passer une visite médicale, complétée par un examen psychotechnique si la suspension atteint six mois. Ces examens restent à votre charge.
Ceinture, feu rouge, stop et priorités
Les infractions aux règles de base coûtent cher en points, car elles mettent directement en danger les autres usagers :
- Défaut de port de la ceinture de sécurité : 135 € et 3 points. Le conducteur est aussi responsable des passagers mineurs non attachés.
- Franchissement d’un feu rouge : 135 € et 4 points, avec une suspension judiciaire possible jusqu’à trois ans.
- Non-respect d’un stop : 135 € et 4 points, avec la même possibilité de suspension.
- Refus de priorité à un autre véhicule : 135 € et 4 points.
- Refus de priorité à un piéton engagé sur la chaussée : 135 € et 6 points.
Un jeune conducteur qui grille un stop et oublie sa ceinture dans la même semaine perd donc 7 points, soit plus que son capital de départ. C’est l’invalidation assurée. La sévérité envers le refus de priorité aux piétons s’explique par leur vulnérabilité : en ville, ce sont eux qui paient le plus lourd tribut en cas de choc.
À savoir : au volant d’une voiture sans permis, vous n’avez pas de points à perdre, mais les amendes s’appliquent de la même façon. Notre guide sur la voiture sans permis rappelle les règles propres à ces véhicules.
Suspension, retrait et fourrière : les sanctions qui immobilisent
Au-delà des points, trois mesures peuvent vous priver de votre véhicule ou de votre droit de conduire. La rétention du permis, d’abord, est décidée sur place par les forces de l’ordre pour 72 heures au plus. Elle vise notamment les grands excès de vitesse, l’alcool, les stupéfiants et désormais le téléphone associé à une autre infraction.
La suspension, ensuite, peut être administrative, prononcée par le préfet du lieu de l’infraction, ou judiciaire, décidée par un tribunal. Pendant toute sa durée, vous ne pouvez conduire aucun véhicule exigeant un permis. Conduire malgré une suspension est un délit grave, puni de deux ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende.
L’immobilisation et la mise en fourrière, enfin, peuvent accompagner les délits comme le grand excès de vitesse ou la conduite sans permis ni assurance. Les frais d’enlèvement et de garde sont à votre charge, et ils s’accumulent chaque jour. Pensez aussi à votre assureur : une suspension doit lui être déclarée sous quinze jours et peut entraîner une forte majoration de prime, comme l’explique notre article sur l’assurance auto et le bonus-malus.
Contester une amende ou désigner le vrai conducteur
Recevoir un avis de contravention ne signifie pas toujours qu’il faut payer sans réfléchir. Si vous n’étiez pas au volant au moment d’un flash, vous pouvez désigner le conducteur réel sur le site de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI). C’est alors lui qui paiera l’amende et perdra les points. Pour une voiture de société, cette désignation est même une obligation pour l’entreprise, sous peine d’une amende spécifique.
Vous pouvez aussi contester l’infraction elle-même, par exemple si la plaque photographiée n’est pas la vôtre ou si vous aviez vendu le véhicule avant la date indiquée. La contestation se fait en ligne, dans un délai de 45 jours. Pour un radar automatique, il faut en général verser une consignation, remboursée si la contestation aboutit. Demandez d’abord la photo du flash : elle permet souvent de vérifier en un coup d’œil qui conduisait.
Attention, payer l’amende vaut reconnaissance de l’infraction. Une fois le paiement effectué, la contestation n’est plus possible et le retrait de points devient définitif.
Comment récupérer ses points
Le temps fait une partie du travail. Selon Legipermis, un point perdu revient au bout de six mois sans nouvelle infraction. Pour un retrait de 2, 3 ou 4 points, il faut attendre trois ans. Et si vous ne commettez aucune infraction pendant trois ans, vous retrouvez l’intégralité de votre capital.
Pour aller plus vite, le stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu’à 4 points en deux jours, dans la limite d’un stage par an. Son prix varie selon les centres, et il reste à votre charge. Pour un jeune conducteur, il devient obligatoire après une infraction entraînant un retrait d’au moins 3 points.
FAQ sur l’amende et le retrait de points
Combien de points vais-je perdre pour un excès de vitesse de 25 km/h ?
Entre 20 et 29 km/h au-dessus de la limite, vous perdez 2 points et payez 135 € d’amende forfaitaire, ramenée à 90 € en cas de paiement rapide.
Puis-je perdre mon permis pour un simple appel au volant ?
Oui. Depuis fin septembre 2026, le préfet peut suspendre le permis jusqu’à six mois pour le seul usage du téléphone tenu en main, en plus de l’amende de 135 € et du retrait de 3 points.
Ma voiture peut-elle partir en fourrière pour un excès de vitesse ?
Oui, pour un excès de 50 km/h ou plus constaté lors d’une interception. La voiture peut être placée en fourrière pour sept jours et le permis retenu 72 heures.
Le retrait de points d’un jeune conducteur est-il plus sévère ?
Le barème est le même, mais le capital de départ est de 6 points. Un retrait de 3 points ou plus impose aussi de suivre un stage de sensibilisation.
Sources
- Legipermis – Excès de vitesse : barème des sanctions 2026, vérifié le 29 décembre 2025
- Legipermis – Téléphone au volant et suspension de permis, publié le 5 octobre 2026
- Banque des Territoires – Création de l’homicide routier : la loi entre en vigueur
- JeChange – Permis suspendu : prévenir son assureur sous 15 jours, publié le 18 octobre 2026
